Yamê, un prodige en pleine ascension

Bois de Vincennes Festival WE LOVE GREEN © LP/Jean-Baptiste Quentin Yame

Yamê, un prodige en pleine ascension

La scène musicale française actuelle étonne par la diversité et la richesse des univers qu’elle abrite. Yamê est un acteur majeur de cette nouvelle pousse. Avec son mélange subtil de sonorités soul, jazz et rap, l’artiste a su captiver l’attention. La rédaction s’est penché sur cette étoile montante qui s’impose déjà comme un incontournable de la scène rap française.

L’histoire de Yamê

L’histoire de Yamê ne peut être dissociée de sa musique car elle en est à la fois le reflet et la source d’inspiration. Sa musique porte les traces de son parcours, de ses racines et de ses multiples influences. 

Né en région parisienne, Yamê (de son vrai nom Emmanuel Sow) passe une grande partie de son enfance au Cameroun. De ses 5 à 11 ans, il vit à Douala, avant de revenir à Paris où il continue son développement personnel et artistique. Ce double ancrage, entre le Cameroun et la France, impacte de façon majeure son approche musicale. Il bénéficie donc de cette possibilité d’intégrer facilement sonorités et rythmes africains à ses créations modernes.

Le choix du nom Yamê n’est pas anodin. Ce terme provient de la langue « Mbo », parlée par le peuple « Mbo » du Cameroun. C’est un mot qu’il a entendu dès son plus jeune âge dans sa famille, précisément de la bouche de son père, M’Backé Ngoup’Emanty, un auteur-compositeur-interprète camerounais reconnu. Ce nom symbolise pour lui un lien fort avec ses origines et avec la musique, héritage que son père lui a transmis.

« Je suis fait de mille et une choses et je fais de la musique pour les rassembler. »

Yamê

En grandissant, Yamê se nourrit de nombreuses influences musicales. Parmi celles-ci, des figures emblématiques de la musique africaine et internationale telles que Papa Wemba, Fally Ipupa, Burna Boy mais aussi des artistes aux styles variés comme Daniel Caesar, France Gall ou encore Georges Brassens. Ce mélange de genres et d’influences enrichissent son univers musical, où se croisent rythmes traditionnels et sonorités modernes. Cette dualité entre racines africaines et  styles modernes font de lui l’artiste créatif qu’il est aujourd’hui.

Premières armes

Les chansons de Yamê représentent sa manière à lui de célébrer et transmettre son patrimoine culturel.

« À la maison, j’étais bercé à la fois par la musique française et la musique africaine. Une de mes volontés, c’est d’exprimer cette double identité dans ma musique. Par exemple, dans la composition, j’aime bien quand on a deux styles qui se mélangent. Ça traduit un peu cette mixité que moi aussi, j’ai dans mon parcours et dans mon histoire. C’est quelque chose qui est un peu omniprésent dans la vie des gens de la diaspora. On ressent un peu le paradigme d’être entre deux pays et c’est quelque chose qui me touche parce que forcément, j’ai le cœur entre deux pays. »

Yamê, RFI

Avant de se dédier à la scène, l’artiste a exploré différentes voies professionnelles. Il obtient d’abord une licence en histoire, avec une spécialisation en sciences politiques, avant de poursuivre avec un master en veille stratégique. C’est dans le secteur de la data qu’il commence sa carrière professionnelle, pendant ce moment, il enchaîne les jams sessions parisiennes.

« Je suis allé dans les jams et donc j’ai expérimenté beaucoup la musique jazz, soul et rock aussi, blues… Ça a duré un week-end et puis voilà. Mais je n’ai jamais eu un projet sérieux où je me suis investi, où j’ai essayé de faire véritablement de la musique. »

Yamê, RFI

C’est en 2020, durant la pandémie de Covid-19 et le confinement, que sa passion pour la musique prend un tournant décisif. Cette période d’isolement devient pour lui une opportunité de se consacrer pleinement à la production musicale. Très actif sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, ses vidéos deviennent virales et lui permettent de gagner en popularité.

Cette explosion de popularité le pousse à sortir ses premières mixtapes, Bantu Mixtape Vol. 1 et Bantu Mixtape Vol. 2, en 2020. Ces projets marquent le début d’une nouvelle ère pour l’artiste, à la fois riche en influences culturelles et personnelles. L’année suivante, en 2021, il sort son premier album, Agent 237.

La révélation

À l’instar de Timbaland, qui a immédiatement reconnu le talent de l’artiste (le titre « Quête » a été remixé par Timbaland), Yamê a su se faire une place de choix dans l’univers musical et a progressivement trouvé son public.

En juin 2023, il dévoile sur la chaîne Colors une version alternative de son single « Bécane », qui rencontre un grand succès. Cette réinterprétation fait sensation et parvient à se classer dans le Top 200 des ventes en France cinq mois plus tard, un exploit notable pour un artiste encore en pleine ascension.

Le 13 octobre 2023, l’album Elowi (qui signifie « ce qui n’est pas visible » en langue mbo) sort officiellement et entre directement dans le Top 200 dès le lendemain, confirmant l’engouement croissant autour de sa musique et de son univers. La même année, il assure la première partie de Stromae lors de sa tournée, un moment clé qui lui permet de toucher un public encore plus large.

En 2024, Yamê est couronné lors des Victoires de la Musique dans la catégorie « Révélation masculine de l’année », un prix qui vient saluer son talent et l’ascension fulgurante de sa carrière dans l’industrie musicale. Son morceau « Bécane » devient également un phénomène sur TikTok, notamment grâce à sa réinterprétation créative qui génère une vague de viralité, propulsant davantage sa carrière.

Yamê, un nom désormais incontournable dans l’univers musical français, incarne cette nouvelle génération d’artistes en quête d’authenticité. À travers son univers sonore unique, un mélange de genres et d’émotions brutes, il capte l’attention d’un public toujours plus large. De ses premières notes timides à ses réinterprétations audacieuses, il ne cesse de surprendre et de redéfinir les contours de la scène musicale actuelle. Un artiste à suivre de près, dont l’ascension fulgurante ne fait que commencer.

Joris

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